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Des données pour le niveau de la mer
La revue La Météorologie publie un article co-signé par Anny Cazenave et Lancelot Leclercq (DOI 10.37053/lameteorologie-2026-0008) pour comprendre et estimer le rôle des observations dans la hausse du niveau de la mer. Cet article présente les résultats les plus récents sur les variations du niveau de la mer aux échelles globale, régionale et locale, les causes des changements observés et les trajectoires possibles de l’élévation future du niveau de la mer.
Plusieurs Centres de Données et Services du pôle ODATIS ont la responsabilité de gérer ces données d’observation du niveau marin : que ce soit pour des étapes de traitement, de qualification, d’archivage, ou simplement pour l’hébergement et la diffusion des données. Les liens vers les fiches de métadonnées référencées au catalogue ODATIS sont affichés en bas de cette page.
L'étude des variations du niveau de la mer aux échelles globale, régionale et locale reposent sur une combinaison de plusieurs systèmes d'observation indépendants, satellites et in situ.
La composante totale du niveau de la mer est donnée par l'altimétrie satellitaire dont les mesures continues et intercalibrées depuis 1993 fournissent la topographie de la surface océanique. Depuis 1993, ces mesures montrent une augmentation du niveau moyen global de plus de 10 cm, avec une forte accélération sur les dernières années et de fortes disparités régionales. La mission SWOT lancée fin 2022 fournit des mesures à très haute résolution spatiale de la topographie de surface, avec des mesures d’une précision inégalée jusqu’au plus près des côtes.
D’autres systèmes d’observation spatiaux et in situ permettent de quantifier les différentes contributions à la hausse du niveau marin, permettant par là-même, une approche indépendante de la validation de la composante globale mesurée par altimétrie.
Les marégraphes : Ces instruments côtiers fournissent des enregistrements historiques précieux des variations relatives du niveau de la mer par rapport à la croûte terrestre.
Le réseau Argo : Environ 4 000 flotteurs profileurs autonomes mesurent la température et la salinité des océans jusqu'à 2 000 mètres de profondeur. Les variations de température et salinité représentent la composante stérique du niveau de la mer. Le réseau Deep Argo, en cours de déploiement, sera en mesure de fournir des données de température, salinité, oxygène de l’océan profond jusqu’à 6000 m de profondeur.
La gravimétrie spatiale (missions Grace et Grace-FO) : Lancées en 2002 et 2018, elles mesurent les redistributions de masse pour estimer les composantes manométrique et barystatique du niveau marin. La composante barystatique quantifie l’apport de masse d’eau à l’océan dû à la fonte des glaces continentales et aux eaux terrestres. La composante manométrique représente la redistribution des masses d’eau océanique, déjà dans l’océan.
L'interférométrie radar (InSAR sur Sentinel-1) et le GNSS : Utilisés pour mesurer les mouvements verticaux du sol (subsidence), amplifiant la hausse de la mer à la côte.
Les impacts de l’élévation du niveau de la mer sont multiples et s'amplifient lors d’événements extrêmes (tempêtes, cyclones) notamment lors des marées oceaniques de forte amplitude. En France (hexagone et outremer) l’érosion et le recul du littoral touchent 22% des littoraux.
Plus d'information
- La Météorologie : Cazenave, Anny ; Leclercq, Lancelot. Rôle des observations pour estimer et comprendre la hausse du niveau de la mer. La Météorologie, 132, 16-24, 2026. 10.37053/lameteorologie-2026-0008