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Eté 2022 : vagues de chaleur marine en Bretagne et Méditerranée

L’acquisition continue de mesures de températures des eaux de surface par satellite et par des mouillages in situ sont capables de donner l’ampleur et l’étendue de la vague de chaleur marine sur toute la période estivale 2022, montrant des écarts à la normale très marqués, en Méditerranée et sur les côtes bretonnes.

L’été 2022 a été marqué par des épisodes météorologiques extrêmes dont plusieurs articles ont synthétisé les records enregistrés, leurs impacts et leur intensification dû au réchauffement climatique. Météo France et Data Terra les résument bien dans ces articles : « Changement climatique : l'été 2022 et ses extrêmes météorologiques pourraient être la norme après 2050 » ; « Vagues de chaleur extrêmes et leur impact en Europe durant l’été 2022 ».

La vague de chaleur marine dont le pôle Océan avait fait écho, à la mi-juin était déjà la plus précoce jamais relevée. Les anomalies de température de surface des océans mesurées par satellite montraient un réchauffement brusque des eaux méditerranéennes et du golfe de Gascogne. Entre le 16 et 20 juin 2022, les écarts de température à la moyenne (calculée sur 1993-2014) étaient déjà supérieurs à +3°C sur de vastes zones.

L’acquisition continue de mesures de températures des eaux de surface par satellite et en profondeur par des mouillages in situ sont capables de donner l’ampleur et l’étendue de cette vague de chaleur marine sur toute la période estivale 2022, montrant des écarts à la normale très marqués, en Méditerranée et sur les côtes bretonnes.

En Méditerranée, le réseau d’observation du SNO MOOSE de l’IR ILICO, combine plusieurs plateformes fixes et mobiles déployés depuis les années 80 pour identifier sur le long terme les anomalies environnementales et comprendre l’évolution à long terme de ce bassin dans le contexte du changement climatique et des pressions anthropiques. Dans ce réseau, les relevés de température de surface (à 2 mètres de profondeur) sont réalisés par les bouées Météo France (Lion et Côte d’Azur). Les relevés de température de surface (à 2 mètres de profondeur) de ces deux mouillages, reportés sur la figure ci-dessous, montrent des températures maximales en juillet et en août 2022, de plus de 4° à 5° supérieurs à la moyenne calculée sur 2011-2021.

Ces anomalies de température, du fait de la grande inertie thermique des océans et de nouvelles vagues de chaleur, sont longtemps restées marquées, très tardivement dans la saison. Le service marin Copernicus (CMEMS) a publié une carte des températures de surface issues de données satellites, à l’échelle du bassin méditerranéen, pour la situation du 30 octobre 2022. La mer Ligure montrait encore des anomalies de températures de près de +5°C.

Sur les côtes bretonnes, les températures atmosphériques ont aussi dépassé les seuils de canicule mais les anomalies de températures des eaux n’ont pas été aussi importantes, ni aussi uniformes en raison des régimes de vent, des courants et du brassage de l’eau. Les données de température de surface issues des observations satellites gérées par le CDS-SAT-CERSAT soulignent bien cette distribution spatiale et son évolution tout au long de l’été.

Ainsi les hausses de températures sont restées limitées dans les eaux de la pointe du Finistère sous l’effet du front d’Ouessant et les eaux au sud de la Bretagne se sont souvent refroidies sous l’effet d’upwellings générés par des vents de nord-ouest. Au contraire, sur la côte nord, dans la baie de Saint-Brieuc, plus abritée, les écarts à la normale ont pu atteindre jusqu’à 3,5°C.

Toutes ces données des bouées de mouillage et satellites se retrvouent dans le catalogue ODATIS.

Accès aux données du catalogue ODATIS